Les populations de coquilles Saint-Jacques en baie de Seine et en baie de Saint-Brieuc ont battu de nouveaux records d’abondance cet été, selon les dernières évaluations scientifiques, a annoncé l’Ifremer vendredi 30 septembre. « Tous les indicateurs de bon état de la population de coquilles Saint-Jacques dans ces deux zones sont au vert pour la saison de pêche », écrit l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) dans un communiqué de presse. La saison de pêche a démarré officiellement ce samedi 1er octobre. Dans le gisement de la baie de Seine, la situation « continue d’être exceptionnelle », souligne l’institut, avec une biomasse totale exploitable sur l’ensemble de la saison estimée à plus de 105 000 tonnes, « l’arrivée d’une nouvelle génération de juvéniles à nouveau très bonne » et « la présence d’un reliquat record de coquilles de trois ans et plus ». 

Seul bémol, l’Ifremer note que les coquilles sont plus petites « suite à un retard de croissance ». Ainsi, 61% des coquilles seulement auront atteint la taille minimale réglementaire pour être commercialisées (110 mm) à l’ouverture de la saison. Le reste des coquilles devraient atteindre progressivement cette taille minimale en cours de saison. L’Ifremer explique ce retard de croissance, notamment par la sécheresse et les canicules estivales. Ainsi, « la production de phytoplancton, dont se nourrissent les coquilles, semble avoir été plus faible cet été, en raison du manque d’apport en eau douce et de la chaleur particulièrement forte », avance l’Institut. « Ce constat, identique en baie de Saint-Brieuc, pourrait être l’une des raisons du retard de croissance observé dans les deux sites. » 

En baie de Saint-Brieuc, quelque 63 100 tonnes de biomasse devraient être exploitables (102 mm ou plus) au cours de la saison, « ce qui représenterait une hausse de 13% par rapport à l’année dernière » qui était « déjà exceptionnelle », souligne l’Ifremer. « La biomasse totale tous âges confondus dépasse cette année 87 700 tonnes, en augmentation de 19% par rapport à 2021 qui était pourtant l’année record depuis 61 ans », souligne l’Institut. Pour l’Ifremer, ces chiffres confirment « la tendance favorable observée depuis le début des années 2010, en lien avec la gestion mise en place par les pêcheries françaises ». L’Institut cite ainsi « la diminution globale de l’effort de pêche par la mise en place de dates et d’horaires de pêche, l’amélioration de la sélectivité des engins avec l’utilisation d’anneaux de drague plus grands, ou encore la mise en place en baie de Seine d’une zone de jachère qui change chaque année ».

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Photographie | Jannet Serhan