Annoncée il y a plusieurs mois, l’association qui porte le nom du fils disparu du chef Yannick Alléno en mai dernier, sera officiellement lancée mardi 20 septembre. Objectifs, moyens, développements, Atabula en présente les grandes lignes. 

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« Quand ça vous arrive, un drame pareil, vous découvrez un monde hallucinant. Au-delà du choc évident de la perte de notre fils, nous nous sommes retrouvés confrontés à une déshumanisation difficile à vivre », tels sont les premiers mots du chef Yannick Alléno dans un grand entretien accordé au JDD, publié ce dimanche. Avec la mère d’Antoine et le frère de ce dernier, Thomas, il présente les contours de ce que sera l’association Antoine Alléno, lancée ce mardi 20 septembre à Paris. 

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Le ‘pourquoi’ de cette association

Par-delà le drame de la disparition d’un enfant, la famille Alléno explique la « déshumanisation » à laquelle ils ont été confrontés après le décès d’Antoine Alléno. « La nuit du drame, nous sommes arrivés à l’hôpital de ­l’Hôtel-Dieu, à Paris. Une pièce glauque, avec une chaise déglinguée. On nous a tendu un bout de papier, le contact d’une personne au cas où on aurait besoin de soutien psychologique. Et puis c’est tout. Même pas un verre d’eau » explique-t-il. Et de préciser : « Beaucoup de choses ajoutent de la douleur à la douleur. On a pu nous restituer le corps d’Antoine en trente-six heures. Certaines familles, elles, ont attendu trois semaines… Ce n’est pas possible. On a pris conscience d’un monde inconnu et on s’est demandé comment accompagner les proches de ces jeunes victimes. Je veux mettre ma notoriété au service du bien commun. Dans ce combat on a besoin de tout le monde. »

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Objectifs de l’association

Il s’agira d’une association pour venir en aide aux familles endeuillés par la mort d’un enfant. Elle offrira aux familles un soutien moral, psychologique, financier. « Nous concentrerons donc notre action sur les victimes de faits de violence de moins de 25 ans ainsi que leurs proches » explique le chef. « L’association est née de ce besoin d’être soudés. Si moi je ne le fais pas, qui le fera ? Ce serait faire insulte à Antoine de rester les bras croisés. C’est lui, là où il est, qui nous a dit de monter cette association » ajoute-t-il. 

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Fonctionnement

Si le fonctionnement de l’association doit être encore précisé, les grandes lignes sont posées : « Nous avons donc créé un ‘collège’ qui pourra apporter une réflexion citoyenne aux pouvoirs publics et porter des propositions : fournir de nouveaux indicateurs, identifier des facteurs précis, raconter l’humain derrière les chiffres. Sur notre site Internet, les victimes pourront raconter concrètement ce qui se passe derrière ce qu’on appelle des « faits divers » : untel a été agressé, il a porté plainte, etc. Et si un maire mène des actions bénéfiques, nous les valoriserons. Notre but est de mettre un maximum d’enfants à l’abri. Nous imaginons aussi créer des collèges de jeunes dans toutes les régions de France qui nous feront remonter ce qu’ils vivent. »

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Indépendance de l’association

L’association ne s’appuiera pas sur des subventions publiques. « Nous voulons rester libres. » Et indépendant : « On ne s’inscrit sous aucune couleur, ni droite ni gauche » précise Yannick Alléno. « Le projet est encore en construction mais nous voulons que l’association soit puissante pour avoir les moyens d’agir. »

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Photographie | DR