Quoi de mieux qu’un joli cul haut en couleur pour se montrer sous son meilleur jour ! Voilà le pari de Paris Society, « acteur incontournable de l’hospitalité en France (…) avec un chiffre d’affaires de plus de 225M€ sur la dernière année » selon le dernier communiqué de presse, qui a décidé d’habiller le large derrière d’une trentaine de bus parisiens (les bus touristiques Big Bus et Tootbus) pour faire sa pub. Maison Russe, Coco, Girafe, Perruche, Monsieur Bleu, Bonnie et même Laurent (qui n’ouvre pas avant plusieurs mois), chaque maison a le droit à son affiche. Pan, sur le cul, « Paris Society frappe fort », toujours selon le communiqué.

Pour le groupe de Laurent de Gourcuff, l’objectif de cette communication « est également de positionner Paris Society comme LA référence sur le marché de l’hospitality lifestyle et d’en mettre plein la vue avec des photographies spectaculaires, à l’image des lieux du groupe. » Ce dispositif, démarré le 29 août et qui se terminera le 12 septembre prochain, tombe dans la même fenêtre temporelle que celle du Moma Group de Benjamin Patou, qui fête ses 10 ans avec une série d’articles programmée cette semaine (lire : « Bilan, projets, chefs, tendances : grand entretien avec Benjamin Patou à l’occasion des 10 ans de Moma Group » ). Simple hasard du calendrier ou percussion de communication volontaire entre deux groupes qui ne cache guère leur rivalité, à chacun de juger. 

Les culs seront-ils matés avec intérêt par les clientèles-cibles ? Probablement car les photos, grands formats, font dans la couleur, mettent en avant de beaux intérieurs et environnements bucoliques, et montrent souvent la Tour Eiffel en arrière-plan. Tout cela a de l’allure, très chic, très parisien. Mais en indiquant seulement le nom du restaurant – qui ne ressemble parfois guère à ce qu’il désigne – et le nom du groupe Paris Society, les affiches font dans l’ellipse. Mais, surtout, elles se contentent d’exposer le beau, de valoriser un cadre sans jamais parler ni de l’assiette, ni de la vie. Un comble pour un « acteur incontournable de l’hospitalité ». Sur toutes les photos, il n’y a personne, pas un client qui mange, qui boit, qui rigole. Aucune émotion. C’est froid et anonyme, il y a de l’urbex là-dedans, comme si tout le monde avait abandonné la place, ne laissant plus que les curieux s’adonner à l’exploration urbaine. Cette campagne, « faite maison » rate son message. C’est plat, totalement plat. Comme un cul de bus. 

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PratiqueLien vers le groupe de Paris Society

Photographies | Paris Society